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Le petit monde de Blablatine

Doit-on changer sa nature pour s'aimer et être aimé ?

    Pour une fois, j'ai envie de parler boulot... Non pas que je sois une grande passionnée qui prône le milieu professionnel et son humanisme légendaire, mais parce qu'il me pousse bien souvent à tester mes limites psychologiques, à prendre du recul sur moi-même et à douter aussi.

 

Pour faire simple, je crois sincèrement que chaque être a des torts, des faiblesses, des défauts dont certains sont très visibles. Bien sûr cela est normalement compensé par certaines qualités qui nous rendent uniques, sinon on ne nous aurait pas choisi dans la masse tel l'élu !

 

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Prenons mon exemple, je suis bavarde, j'ai l'air sure de moi en toutes circonstances et je suis foncièrement têtue. Dans le boulot je suis plutôt exigeante aussi, puisqu'avant tout je le suis avec moi-même. C'est là où ça se corse ! Suite à mon imminent changement de poste (dernier jour demain) chacun dresse un peu le bilan sur les mois voire les années que j'ai pu passé à côté d'eux, me racontant quelques ultimes blagues, me disant que je vais manquer, vannant un peu et se livrant également sur ce qu'ils voient de négatif en moi, pour que j'évolue sans doute.

 

Bon d'abord je tiens à dire que je ne me suis jamais permise de balancer gratuitement à un collègue ses défauts en pleine face, s'il va trop loin ou me parle mal ok, s'il fait une erreur j'essaie de prévenir que ça risque de lui retomber dessus (réaction naïve car en général les gens vexés sont les pires et ça fait prétentieuse qu'on ait raison ou pas ), mais selon moi on ne peut pas contraindre sa nature, vous connaissez l'adage « chassez le naturel il revient au galop » !

 

Je me dis quand même que certains reproches peuvent être constructifs mais sommes-nous prêts à les entendre par des collègues qui demandent comment on va par simple politesse sans réellement voir ce que cachent parfois nos sourires ? Si une remarque vient d'une amie proche ou de mon chéri, cela me brise (oui je suis un poil susceptible aussi) car au fond de mon petit cœur qui s'est construit une carapace, il y a juste des blessures comme on en a tous, les problèmes non réglés de l'enfance, l'adolescence durant laquelle je me suis sentie nulle et incomprise, la vie adulte que je passe dans laquelle il faut sans cesse performer et être mieux, plus sympa, plus populaire, plus conciliant, plus génial, plus productif, plus de tout en bref !

 

Sauf que le hic, c'est que moi je suis « trop ». C'est à dire que sans le vouloir je semble trop à l'aise pour les hommes lors des rendez-vous, trop excessive quand je parle (oui je débite 4 mots à la seconde mais je me soigne !), trop pudique pour ma mère (adepte des minis jupes et talons hauts), trop têtue pour mon père, trop compliquée quand j'aime un homme, trop exigeante en amitié car je digère mal les coups bas ou les absences quand les choses tournent mal, et maintenant trop froide et bosseuse au boulot, de même que trop jolie (si si véridique on me l'a dit texto !).

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Bon je reconnais que pour moi les collègues ne sont pas des potes et qu'il ne faut pas prêter attention, sauf que c'est plus facile à dire qu'à faire et plutôt que de se regarder c'est plus simple de critiquer ! Donc voilà, cet après-midi, on m'a dit que je bossais très bien mais que les gens ne me trouvaient pas facile. Parce que d'une certains me jalousent (jeune, blonde, pas trop stupide, chercher l'erreur!) et donc soit je suis une prétentieuse soit une arriviste. Ensuite parce que je suis froide, vu que certains ne prennent pas la peine de dire bonjour, au bout d'un mois ou deux j'ai moins fait d'efforts et j'ai visiblement moins mis les formes donc je suis froide et mal élevée maintenant. Et le summum c'est qu'être jolie c'est aussi un défaut (c'est paradoxal non?) car je ne suis pas une bombe atomique non plus hein mais que sans même me parler si certains se sentent proches de moi, d'autres me haïssent d'avance.

 

On m'a donc dit que c'était comme ça, que les filles un peu « jolies » (attention ce n'est pas moi qui le dit, je me vois toujours des défauts partout, je suis une fille !) n'ont pas de réelles amies car la jalousie faussent les rapports, et que pour les collègues il fallait que j'apprenne à ménager d'avantage la susceptibilité de chacun pour qu'ils m'apprécient plus et ne me prennent pas en grippe. Pourtant je suis loin de l'asociale qui vit avec ses bergers allemands (bon j'ai un chat mais ça ne compte pas) , je demande à Martine si ses vacances en Bretagne étaient sympas, à Jean-Louis si ses enfants ont bien vécu la rentrée, si Micheline s'entend mieux avec son chéri, si le chien de Maxou va bien, bref je m'intéresse en me disant qu'un sourire amène toujours un sourire et qu'il faut donc comme le prônent mes amis de la RAPT que je sois positive avec les gens pour qu' ils fassent de même avec moi. Et ça marche !

 

Sauf que donc en dépit d'efforts et de non jugement, on m'a jugée et cataloguée dans la série des chieuses qui bossent super bien et même trop et que du coup elles sont trop crues avec les gens qui sont plus légers au boulot. Mais que faire ? J'ai beau me sentir chiante parfois, trop bavarde souvent et têtue tout le temps, je prends sur moi les critiques et je me la ferme, et tout ça pourquoi ? Au final ça ressort quand même, sauf que je me suis étouffée pour rien... J'essaie de m'accepter mais une bonne réflexion pointe toujours le bout de son nez, j'essaie de ne pas en tenir compte mais ça me touche quand même (je suis une faible femme qui a besoin qu'on l'aime) et j'essaie de changer mais de toute façon ça revient tel un boomerang.

 

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Changer ça a l'air facile en théorie, sauf que c'est comme cesser d'être amoureux, c'est comme les bonnes résolutions du nouvel an, ça ne marche qu'en théorie ! Alors j'essaie de positiver, parfois j'ai le cœur lourd comme ce soir donc je choisis de le partager avec vous, parfois je me sens égoïste car j'ai la santé et un job, qu'il y a des gens qui ne mangent pas à leur faim ou qui travaillent pour vivre seulement et non par envie de s'épanouir. Mais mon cœur est toujours lourd, je ne m'aime pas d'avantage et je me dis qu'il y a des gens dont les défauts sont plus exécrables qui sont d'avantage populaires (mais comment font-ils ?) et qu'être sincère et ne pas nourrir les cancans ont fait de moi une cible idéale sans que je veuille me résoudre à être hypocrite plus que de raison ou casser tous les autres pour qu'on m'aime. Je suppose que le travail, c'est la loi du Talion, et que ma jeunesse me rend encore faible quoique désabusée. On est jamais assez mais aussi toujours trop, vous avez remarqué ?

 

Du coup remise en cause, doute, sensation d'ado du « je suis nulle et la vie c'est trop dur », redoublement d'effort pour que ça change, problème car si tu bosses bien tu es une menace et on te descends. Cercle vicieux quand tu nous tiens ! Je prends le boulot mais en amour c'est pareil, un homme peu sûr de lui vous descend pour vous avoir, pour que vous soyez honorée d'être en sa présence (parfois même quand il vous a trahi ou trompé, voir l'article sur les connards), la famille ça dépend, c'est un peu la loterie, et les amis, ils sont super sauf quand ils s'en vont... ou qu'ils ont la chance de vivre leurs rêves à l'autre bout du monde (et on est ravi pour eux mais du coup ça éloigne c'est le cas de le dire ! ).

 

Pourtant je suis irréprochable dans mon boulot, mes chefs le reconnaissent, mes collègues m'appellent pour des conseils, mais visiblement le relationnel et les rumeurs des autres peuvent prévaloir sur la qualité de travail. Donc on bosse moins bien pour avoir une jolie réputation ou comment ça se passe ? On devient un requin qui excellent mais mange seul à la cantine ? Je ne veux pas me sentir vieillir seule et tout sacrifier au boulot... Mais j'ai aussi cette folle et audacieuse envie d'être reconnue pour mes qualités et non jugée simplement parce que je fais moins de courbettes. J'ai tout un tas de défauts, telle une droguée j'ai essayé de les chasser mais ils reviennent les bougres, alors à votre avis que dois-faire ?

 

Et vous vous aimez-vous ? Comment vivez-vous votre réputation au travail ? C'est à vous …

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FleurDeMenthe 30/09/2011 21:04



Et bien ! Quel billet... La seule chose qui me vient à la lecture de ton billet c'est une citation de Marx qui disait "Doute de tout", et il me semble avoir lu quelquepart que c'est en doutant
perpetuellement de soi que l'on avance, et que l'on évolue. Dans ce contexte, s'aimer et s'accepter, çà n'est pas possible. Mieux vaut s'écouter, et vivre !



blablatine 01/10/2011 18:48



Donc tu me conseilles de plus me faire confiance et m'écouter pour vivre avec moins de doute c'est bien ça ? Pas bête, j'essaie tout du moins :-)



Missbavarde 30/09/2011 14:17



Perso j'assume ce que je suis, mais par contre dans le boulot j'essaie de faire gaffe même si comme tu dis le naturel revient au galop, mais je préfère avoir des remarques négatives venant de
gens qui me connaissent bien et qui sont mes amis que de gens qui ne me connaissent pas et qu'ils te disent des choses négatives juste comme ça pour dire quelque chose…



blablatine 01/10/2011 18:47



Exactement... C'est ça qui m'agace en fait ! Les gens ne se rendent pas compte du mal qu'ils te font et ils ne jouent pas forcément les exemples. Le truc c'est qu'ils se font une idée sur une
image pro de toi, qui ne reflète pas toujours ta personnalité, mais d'un autre côté si tu te livres trop tu t'en prends plein la figure  aussi, pas simple tout ça ...


Comme tu le dis l'important est sans doute de s'aimer et de s'assumer à défaut de vouloir se changer, car il y aura toujours des détracteurs ! Même si parfois je ne m'aime pas, je me dis que
certains m'apprécient et qu'on ne peut pas se changer si facilement. En plus hier au travail mon dernier jour m'a montré qu'à contrario on m'appréciait plus que prévu ! :-)



DarkGally 30/09/2011 09:50



ben moi, pendant des années on m'a jugée froide et prétentieuse (et menaçante à force d'avoir toujours raison). Donc professionnellement, ben j'ai développé une personnalité pro : la fille sympa
qui ne se prend pas la tête, qui fait son taf mais qui s'en fout un peu. Et qui rigole. Du coup je suis un peu guignol dont personne ne se méfie. Et je ne me montre sous mon vrai jour qu'avec
ceux que je suis amenée à voir amicalement dans la vrai vie.


La sincérité, rester soi-même, c'est bien, mais pas au boulot.


(en revanche la théorie de la "trop belle qui n'a pas d'amis" je suis toujours sceptique, non que je ne te trouve pas très jolie. D'une part tu as des amis qui ne te jugent pas, de l'autre c'est
l'explication du Travelo de MEX pour expliquer que personne ne l'aime...et vu sa photo j'ai un gros doute - ou alors c'est super subjectif la beauté, la laideur aussi).



blablatine 01/10/2011 18:41



Merci pour ta réaction ! Se créer une personnalité pro on le fait tous mais tu sais dans un milieu commercial ça ne semble pas suffir tout simplement... Je ne dis pas que personne ne
m'aime mais qu'on se prend régulièrement des reproches ou critiques gratuitement comme ça, parce que Machin est mal luné ou qu'on réagit un peu fort à un truc. Je ne pense pas qu'être
faux et jamais sincère nous servent non plus dans le boulot... Pas dans ce milieu en tout cas car mes chefs c'est le côté fiable, pro et honnête qu'ils préfèrent. Il faut juste ne pas trop se
livrer, même si c'est ça qu'on me reproche, je ne vois pas d'autre issue !


Pour le truc du "trop jolie" je trouve ça débile aussi mais c'est pareil quand tu as un défaut physique, une couleur de peau différente ou que tu es gay, dès que tu sors du lot on te catalogue
avant même de te parler. C'est juste un fait et quand tu es jolie soit tu es conne soit tu te la pètes, même quand tu parles pas :p Après je ne me plains pas et "laisse parler les gens" comme dis
la chanson, c'est juste qu'à force ça m'enèrve que les gens soient comme ça sachant que si tu deviens faux et joue un rôle, le naturel reviendra toujours, même derrière les sourires et les "oh
c'est pas grave".


Je ne savais pas pour le travelo de MEX, ma responsable a de drôle de références finalement ! :p