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Le petit monde de Blablatine

Sexy time : La belle et la bête...

Comme vous le savez charmants lecteurs, je suis plutôt indépendante et féministe, sans pour autant être anti-mecs car franchement c'est quand même plus chouette de mener une vie à deux. Mais j'ai nourri quelques réflexions la semaine dernière sur le rapport hommes/femmes, tandis que j'étais allée voir « la Belle et la bête » au cinéma (très réussi soit dit en passant) et que j'entamais la lecture une romance sensuelle.

 

Une question de choix conditionnés

 

Il y a un tout de même une sorte de conditionnement féminin face au caractère des hommes, encore aujourd'hui ! Je m'explique : vous avez dû déjà vous retrouver en empathie pour un bad boy, un homme ténébreux mais qui cachait sans doute des richesses insoupçonnées, une infidélité à pardonner parce que « les hommes sont faits ainsi » ou encore beaucoup de patience à acquérir face à une homme qui fuit l'engagement comme la peste malgré vos enfants mariage et bébé. 

 

Et dans cette affaire, qui doit rester gentille, calme, bienveillante et voir seulement le positif même si l'autre ne fait aucun effort ? Ce sont encore et toujours les femmes... Oui, car dans le fond, nous sommes toutes des « Belles », ces personnages qui sont les seuls à voir les richesses derrière un aspect bestial ou un caractère animal et irascible.

 

Bon, nous sommes donc conditionnées depuis toutes petites pour voir au-delà des apparences, mais surtout donner du temps à une gent qui ne fait pas toujours de même. Bizarrement, je n'ai vu aucun conte dans lequel un homme se démène face à une princesse au cœur sauvage, vieillissante ou au tempérament de feu... Etrange non ? 

 

La part de vérité derrière la fiction

 

Je pense que cela part d'un bon sentiment et qu'il serait difficile de perpétuer notre espèce sans cette « sagesse » qui aide les couples à se lier grâce à beaucoup d'amour et de temps.

Cependant, il y a une culpabilisation de la femme, qui doit non seulement tolérer que l'on soit parfois violent dans la parole avec elle sans broncher, mais qui ne doit surtout pas remettre en question le caractère ou la virilité de quelqu'un qui peut la rabaisser. Voyez-vous, dans la romance que j'ai lu et ce n'est pas la première ainsi, la femme s'excuse même parce qu'elle a osé sortir dans la rue sans un homme, ou parce qu'elle a répondu à un ordre arbitraire. Elle met son homme, nouveau cliché à la Christian Grey arrogant, glacial, intelligent et souvent riche, au cœur de toutes ses préoccupations, le faisant passer avant elle et relatant les moments passés avant lui pendant des heures. Autant vous dire que j'ai bondi, me demandant comment des femmes pouvaient s'identifier et à quel besoin tout cela répondant inconsciemment.

 

Il y a un côté parodique, mais aussi une part de vérité dans ce fantasme rédigé, car nous allons souvent vers les hommes mystérieux, sombres, confus dans leurs projets, en quête d'une bonne âme pour les sauver de la bête qui sommeille en eux en bref. Voyez-vous où je veux en venir ?

 

Deux raisons expliquent cela : l'envie d'être originale, d'être l'élue qui a réussi là où les autres ont échoué, comme une envie profonde de challenge lorsqu'on obtient le cœur d'un homme inaccessible, aussi méprisant soit-il, puis le syndrôme du sauveur, avec cette envie de soigner et protéger l'autre, de guérir son obscurité par notre lumière pour lui redonner le sourire, tout comme Belle le fait avec la bête. C'est une sorte de chemin initiatique vers l'âge adulte, la femme tente de s'affirmer par un effet miroir en ayant pas peur du caractère de son partenaire et en se révélant forte face à lui, un vrai paradoxe puisque l'homme lui a tendance à l'infantiliser... 

 

Attention toutefois à vous préserver mesdames, car au final, même si ce sont nos propres qualités d'altruisme et d'originalité que nous voulons mettre en avant par le choix d'un homme difficile voire caractériel, on en ressort souvent en miettes. Peut être que votre voisin gentil et plus classique ne vous marque pas autant que les personnages de romans mais il est aussi possible que ce dernier n'ait pas besoin de se montrer mauvais avec vous et qu'il préfère être gentil ou serviable pour vous séduire... Quelle drôle d'idée n'est-ce-pas ? 

 

Quant aux messieurs, ne croyez-pas tout acquis grâce à ce conditionnement car il n'a souvent qu'un temps, et j'aime à penser que la roue tourne. Même si on a toute connu un homme qu'on a tenté de sauvé de lui-même, on l'a rarement épousé comme dans les livres !

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